J'avais beau connaître les dimensions à l'avance, j'ai malgré tout été surprise lorsque je me suis retrouvée devant cette maison mitoyenne. Elle est encore plus étroite que ce que je pensais. Pour vous donner une idée de sa largeur très limitée, si deux personnes se tiennent côte à côte devant la façade en tendant les bras sur le côté, un demi-bras de chacun dépasse chez les voisins. Mais pour Zoë Van de Velde, ce n'était pas vraiment un problème. "Nous avons pu acheter la maison grâce à un projet de développement urbain de la ville de Courtrai, explique-t-elle. En 2011, dans le cadre de ce projet, une dizaine de bâtiments ont été mis en vente. L'une des conditions était que les nouveaux propriétaires démolissent entièrement le bâtiment et construisent quelque chose de neuf. Ce projet permettait non seulement à notre jeune couple d'acheter une maison, mais aussi de profiter d'un bel avantage sur le plan budgétaire : dans certaines villes - et c'est le cas de Courtrai -, la TVA applicable dans le cas d'une démolition/reconstruction n'est pas de 21 % mais bien de 6 %. Je venais de surcroît de terminer mes études d'architecture. Pour moi, il s'agissait d'une belle opportunité de démontrer mes capacités. C'est ainsi que l'aventure a commencé." Et c'est une réussite, car le caractère osé du projet, finalisé en 2013, a valu à la jeune architecte le prix d'architecture Kortrijk Heritage.

Et pourtant, de nombreux candidats à l'achat passeraient leur chemin devant cette petite maison. "C'est en tout cas un refrain que j'entends souvent ! Mais pour moi, c'était un défi. Je dois tout de même admettre que je n'en menais pas large quand l'ancienne maison a été entièrement démolie. L'emplacement semblait alors vraiment très étroit. J'ai alors commencé à développer mes idées sur papier. Deux points étaient primordiaux pour moi : une luminosité naturelle maximale et l'optimisation de l'espace disponible."

Je Vais Construire 408

Texte Anja Giegas